11 Décembre 2019 à 04:15:38

Nouvelles:

Le graphisme vous plait et vous voulez entrer dans la team ? Rendez-vous ici !


Shoutbox

  • Oddie221: hello^^
    03 Juillet 2019 à 13:57:49
  • romain901: Te dire quoi yeye ?
    26 Juin 2019 à 20:27:11
  • yeye: Pc formater et j'ai plus rien
    14 Juin 2019 à 11:14:22
  • yeye: Qui peu me dire pour un Photoshop
    14 Juin 2019 à 11:12:50
  • yeye: Hello
    14 Juin 2019 à 11:09:51
  • buffalo: ::)
    13 Juin 2019 à 10:27:26
  • buffalo: javascript:void(0);
    06 Mai 2019 à 18:41:10
  • Oddie221: hello tout le monde
    08 Mars 2019 à 12:31:42
  • romain901: Bon bah je vais essayer de proposer quelque chose moi-même  ;D
    18 Février 2019 à 18:32:32
  • romain901: Si des graphistes ont du temps à occuper, je suis toujours ouvert à des propositions pour un nouveau design du site
    04 Février 2019 à 18:33:48
  • romain901: Je supprime les bots à chaque connexion mais j'ai peu de temps actuellement à cause des études :/
    04 Février 2019 à 18:32:44
  • Masa: Est ce que le forum est toujours actif ?
    03 Février 2019 à 17:11:39
  • TheTurtle: Là par contre faut vraiment faire quelque chose contre les vagues de bots
    29 Janvier 2019 à 21:20:22
  • Alchimiste: Malheureusement je ne peux pas delete les spams qui sont dans la section [Recrutement]
    27 Janvier 2019 à 16:58:59
  • Alchimiste: Il y'a beaucoup de pubs par contre
    27 Janvier 2019 à 16:56:37
  • Alchimiste: Bonne année à tous en retard !
    27 Janvier 2019 à 16:56:29
  • Les Fées Bohèmes: Bonne année!
    26 Janvier 2019 à 07:57:28
  • Oddie221: Bonne année à tous :)
    05 Janvier 2019 à 13:07:17
  • Les Fées Bohèmes: bonsoir à toutes et tous
    20 Décembre 2018 à 18:55:07
  • Oddie221: hello tout le monde
    27 Novembre 2018 à 21:17:27

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Votre avis m'intéresse

Démarré par noway, 29 Octobre 2009 à 23:37:51

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noway

Salut, j'ai eu un peu de mal à avancer ces derniers temps mais comme promis voici la suite:

    Ce matin-là, à l'heure où les travestis sortent du bois et où les maris infidèles entrent dans les lits conjugaux, une bombe explosa, justifiant par là-même de son existence destructrice. La voiture piégée ayant eu la délicatesse de sauter dans la  ville sainte chiite de Karbala en Irak, le monde occidental y prêta autant d'attention qu'à un prout de nouveau-né qui marquerais par là-même et dans sa faible mesure, son dédain pour les petits pots pommes-carottes. L'égoïsme acharné de ces temps modernes n'ayant pas de limites, des milliers de quidams continuèrent à avaler goulument leurs tartines de confiture en regardant les corps éparpillés, offerts aux objectifs avides des journalistes charognards et retransmit, par la magie des satellites, dans leurs cuisines Ikea, modèle Ädel. Monsieur aurait aimé une teinte plus rustique mais madame avait péremptoirement décrété que le clair irait mieux avec le hall adjacent. Ce fut donc l'imitation bouleau.
    Si cette explosion avait généré autant de compassion qu'Hitler n'eut pu en éprouver en voyant un juif se noyer dans le beau Danube bleu, celle qui se produisit au Royal Windsor, quelques heures plus tard, eu le mérite d'émouvoir d'avantage la population. La capitale belge, heurtée de plein fouet par une violence généralement sise dans des pays éloignés et que l'on se plait à croire sous-développés, trembla sous la déflagration. Dans les secondes qui suivirent, l'Europe entière et quelques américains compatissants commencèrent à flipper sérieusement. Rapidement, une nuée de policiers zélés, abandonnant leurs parties de cartes, se rendirent sur les lieux et bouclèrent la Grand-Place. Expédiés sans ménagements, des hordes de japonais flashaient à tour de rétine les émanations grises qui, il faut bien le reconnaitre, rendaient nettement mieux en 200 Aza, même derrières les barrières Nadar. Les corps calcinés des résidents opulents du prestigieux hôtel étaient enfournés, tels des petits pains dans le four du boulanger, un à un dans les ambulances. Une odeur de barbecue planait sur Bruxelles.
    Quelques politiciens en manque de notoriété vinrent afficher des mines faussement défaites et dégoulinantes d'obséquiosité comme le ferait le miel du pot de ce connard d'ourson Winnie.   
    Les caméras de la prude Première et de la libertaire RTL furent les premières sur les lieux pour recueillir les perles de mièvrerie de ces  homoncules en costards trois pièces qui péroraient leurs insanités périphrastiques dans lesquelles planait déjà l'ombre d'un quelconque groupuscule forcément basané. Sans un nègre docile pour leur ficeler des discours décents, les joyeux drilles tentaient benoîtement de connecter leurs neurones, noyées depuis longtemps dans le monbazillac, afin de marquer quelques points dans la grande course aux élections. La ministre de l'intérieur fit à l'extérieur un déchirant discours au cours duquel elle promit que le gouvernement mettrait tout en œuvre pour retrouver et châtier les responsables de cet acte meurtrier. Elle arborait cependant le détachement de la femme qui n'en a que très peu à battre tant que cela ne pète pas dans son petit jardin.
    Le Roi lui-même fit, plus tard dans la soirée, un déchirant discours qui mouilla les culottes des royalistes acharnés. Le pantin le plus célèbre après Pinocchio apparu sur les chaines nationales pour inciter la population à conserver son calme. Il présenta ses condoléances à  toutes les familles de victimes dont le nombre approchait le chiffre très honorable de cinquante-sept, avec quelques blessés très graves qui permettrait peut-être, on croisait les doigts, de passer le cap des soixante.
    En fin de soirée, après que tous les morceaux furent empaquetés et embarqués par les services spécialisés dans les puzzles de plus de mille pièces, le calme revint doucement sur la capitale. La Grand-Place continuait cependant à résonner aux sons des sirènes qui ne venaient pas toutes du phare d'Alexandrie. Quelques représentants de la presse étrangère arpentaient les alentours dans l'espoir de trouver un petit quelque chose à se mettre sous l'objectif : un bras, une tête, un torse.
    Petit à petit, alors que l'oiseau faisait son nid, les badauds se rentrèrent. C'est que tout le monde n'avait pas la chance de travailler au Royal Windsor et il faudrait bien se lever demain pour aller au boulot. On pouvait toutefois regretter quelques peu que cet attentat n'aille pas généré le même engouement que celui qu'avaient connu les Etats-Unis en deux-mille un. Cela tenait surement au fait que les deux tours s'étaient  visuellement bien plus démarquées en s'écroulant magistralement alors que le bâtiment bruxellois n'eut même pas cette délicatesse de s'effacer devant la violence de l'explosion. Il resta roide, planté comme un con en bordure de la place, éventré comme un soldat japonais ayant raté son attaque suicide sur Pearl-Harbour. De ses entrailles enchevêtrées, un long soupir de fumée noir s'élevait encore vers les cieux, habituellement gris de la capitale. Les Américains auront toujours un avion d'avance sur l'Europe.


Chance

Hello Noway,

Contente de voir que tu t'es mis à l'écriture.
Il faut dire que tu as le style qu'il faut pour  :)

Je vais lire tout ce que tu as écrit, cela me parait très intéressant et non dénué de ton humour si particulier.

Bon, je lis et je critique  :P

A très vite.

)"(

noway

Heureux et impatient d'avoir ton avis. Si tu le veux je peux te mailer le premier roman (177 pages). Pour le moment je le garde dans un tiroir, le temps qu'il bonifie un peu avec l'âge et surtout que les esprits se calment sur ce récit.

Pour les autres voici la suite écrite cette nuit:

Chapitre IV

    Un mois s'était écroulé depuis le jour funeste où un vilain terroriste avait entièrement ruiné la moquette du fleuron de l'hôtellerie belge. La seule avancée significative fut celle des maçons qui entreprirent de retaper la façade avec toute la ferveur de Michelangelo taguant la voute de la chapelle Sixtine. Les enquêteurs chargés du dossier avançait avec toute l'efficacité mondialement reconnue des services judiciaires belges, se promettant de bien regarder derrière les armoires cette fois-ci, on ne sait jamais. On croisait désormais plus de bleus que de jaune sur la Grand-Place mais tous ces braves pandores avaient autant de pistes qu'un fox-terrier amputé de la truffe. Ca cafouillait sévère mais l'opinion ne grondait plus. Les moutons de Panurge avaient rejoints les pâturages de la médiocrité et tout le monde ou presque avait fait fi du jour où le Royal Windsor avait vomi ses tripes jusque dans les caniveaux à la mauvaise haleine. La vie avait reprit ses droits, abandonné ses gauches et la médiocrité crasse ambiante régnait à nouveau.
    Fidèle à son tempérament écervelé de blondasse stupide, Cristelle n'avait qu'à peine compris que la Belgique s'était faite moucher par un quelconque groupuscule terroriste. Il faut bien dire, à sa décharge, que la belle ne suivait pas les actualités. Les journalistes se complaisant à utiliser des mots qu'elle ne comprenait pas, elle avait, depuis bien longtemps, renoncé à suivre les journaux télévisés. Pareil pour la presse écrite qui recelait bien plus de mots que d'illustrations. Son seuil de tolérance se limitait aux mièvreries de Gala. Il faut bien reconnaître qu'elle appréciait ces lectures voyeuristes qui ouvraient une fenêtre sur la vie, pas si privée que cela, des stars ou prétendues telles. On lui offrait, sur papier glacé, la possibilité de tout savoir sur les vedettes en vogue et les chanteurs crétins qui éructent leurs imbécilités à tour de compilations hors-de-prix et crient au scandale quand un père de famille, croulant sous les hypothèques, ose télécharger très illégalement, un album pour le petit dernier qui se meurt d'une leucémie galopante. On ne peut que pleurer ces chanteurs d'antan, moustachus acharnés ou amoureux des Marquises, qui jouaient des mots comme Van Gogh du pinceau. Ces poètes défunts d'une époque oubliée offrant leurs tripes à chaque chansonnettes et maniant  aussi bien les vers que les verres, Rimbaud pour la référence et l'absinthe pour les limbes.
    Cristelle venait de quitter son service, elle avait passé la journée à vendre du trente-huit à de grosses rombières qui aurait autant de chance de rentrer dans ces petits pantalons qu'un ancien officier nazi dans une bar-mitsva. Elle était montée dans sa Clio, avait glissé un compact-disc de Mike Brant dans son Blaupunkt et s'était extirpée de sa place de parking, au prix de nombreuses manœuvres et de quelques griffes sans gravités. Chantonnant joyeusement « Qui saura » d'une voix presque suave, elle n'avait pas prêté attention à la priorité de droite qu'escomptait fermement obtenir Edouard au volant de sa 206. Les deux voitures s'enlacèrent dans une débauche métallique digne du meilleur des films de Marc Dorcel. Le choc fut suffisamment violent pour que le flanc de la Clio ressemble à un artichaut passé au micro-onde.
    Une fois son esprit obtus retrouvé, Edouard sorti prudemment de la voiture. Bien qu'étant dans son droit le plus stricte vu que c'est de par là qu'il arrivait, une couardise viscérale lui enjoignait de se méfier de tout et de tous le monde. Il redoutait la réaction de l'autre conducteur et savait qu'en cas de conflit, son corps de rat musqué pas musclé, ne lui permettrait pas de tenir la première minute du premier round. Ajoutons à cela une intolérance maladve à toute forme de douleur qui lui interdisait, à vie, la possibilité d'endurer, plus de deux minutes consécutives, un morceau de Céline Dion et nous obtenons un individu aussi courageux qu'un hamster dans une cage à lions. A pas de loups, il s'était finalement résolu à s'approcher du véhicule embroché et avait soupiré d'aise en constatant que le conducteur était une conductrice et que, de surcroit, elle semblait suffisamment sonnée que pour ne pas avoir à redouter un coup de sac perdu. Ouvrant la portière, il interpella la jolie blonde :

- Mademoiselle ? Ca va ? Pas trop de bobos ?
- Ca va. Enfin : je crois.
- Vous n'avez pas respecté la priorité.
- Pardon ?
- La priorité, vous ne l'avez pas respecté.
Il aimait à répéter les phrases en y intervertissant les mots. « D'amour belle marquise vos beaux yeux mourir me font ».
- Oui, je suis confuse. J'avais la tête ailleurs. C'est à cause de Mike Brant.
- De qui ?, demanda Edouard qui commençait à soupçonner que le choc ait plus important qu'il ne l'avait cru.
- Comment vous ne connaissez pas Mike Brant ?, répondit-elle interloquée.
- Si bien sûr mais il est mort depuis longtemps.
-  Mike Brant n'est pas mort, hurla-t-elle au comble de la révolte.
Edouard recula courageusement d'un pas, glissant une distance de sécurité entre sa frêle personne et cette folle échevelée qui s'imaginait en compagnie d'un défenestré ténébreux.
- Mike vit dans le cœur de chacun de nous, justifia-t-elle enfin, rassurant par cette simple phrase le couard frissonnant qui commença à la trouver drôlement jolie.
   Ils constatèrent à l'amiable, poussèrent non sans peine la défunte Clio sur le bas-côté puis, après quelques platitudes verbales, convinrent de s'aller chez monsieur, boire un petit coup parce que c'est agréable. Sur le trajet, Cristelle pensa que ce type n'aurait jamais eu la chance de la culbuter s'il n'avait été de cet accident. Le destin pensa-t-elle tout en essayant d'imaginer sous le pantalon de costume ringard la taille du dossier.

Chapitre V

    Abdel Saglam était un maghrébin de la seconde génération. Il avait grandi dans le béton de Saint-Joss et la volonté vitale de s'intégrer. Même si l'on ne jetait plus les arabes dans les cours d'eau depuis soixante-et-un, le racisme primaire des quelques connards votant à l'extrême de la droite et applaudissant les prestations affligeantes de Laurent Gerra, contribuait à lui rappeler qu'il n'aurait jamais la bonne couleur. Il avait cependant suivi un impressionnant cursus scolaire qui lui avait permis d'accéder, au terme de nombreuses embuches xénophobes, à un statut social qui emmerdait le Cro-Magnon de base, fier d'être belge et con mais qui se voyait contraint de faire les entretiens de sa BMW ou de lui vendre son caviar. Qu'il est difficile de voir tous ces étrangers voler le travail des natifs qui n'ont pas fait d'études, trop occupés qu'ils étaient à sniffer de la colle en écoutant ABBA.
    Abdel s'était résolu à quitter son petit appartement douillet de Bruxelles pour migrer plus au sud, là où, il l'espérait, la police stigmatisait moins et où les traqueurs de barbus arrêterait de lui courir après avec des cordes de chanvre. C'est que la pression était devenue trop forte pour les adeptes du Coran depuis l'explosion du Royal Windsor. On traquait sans relâche, usant et abusant de la violence, étiquetant sans vergogne les peaux plus mates. Les terroristes n'ayant rien revendiqué, l'opinion publique avait du se la forger elle-même, piochant allègrement dans les clichés, l'image d'une cellule, si pas d'Al Qu'Aïda, tout du moins d'une mouvance islamique. Qu'il est confortable d'entretenir des noirs pour ramasser nos poubelles et des arabes pour faire de belles victimes de notre propre connerie.
Abdel se félicitait de ce déménagement, la petite ville où il avait posé ses valises respirait la quiétude et l'épilobe. Des vaches broutaient dans de verts pâturages, en lisière de la banlieue. L'air était doux à ses poumons et il se sentait bien. Les gens semblaient moins réfractaires à sa personne et il avait même parfois l'intense satisfaction de s'entendre dire « bonjour monsieur », ce qui le changeait radicalement de « retournes dans ton pays ».
    Il avait déniché un emploi tranquille dans l'administration où ses qualités professionnelles étaient largement sous-exploitées mais pour lequel on ne le contraignait pas systématiquement à une fouille complète à chaque fois qu'il arrivait à la pointeuse. Abdel s'était même lié d'amitié avec un pauvre type éternellement engoncé dans un costume fade. Edouard l'avait accueilli à bras ouverts et lui avait enseigné de son métier, les petites ficelles. Ils aimaient à se retrouver, après les heures de boulot, dans un petit bistrot discret qui servait un thé à la menthe pas trop dégueulasse. Là, ils parlaient de voyages, Abdel lui racontait Agadir, son marché, ses tapis, ses oranges. Il contait les mille-et-une nuits, la chaleur du sable sous les pieds, le charme mystérieux des femmes de là-bas. Son acolyte était bien loin de se douter de ce que son ami n'avait jamais foutu les babouches en terre arabe et ne connaissait de son pays que ce qu'il en avait entendu raconter par les anciens au cours des longues veillées où l'on finissait par un grand banquet aux cent épices et au sans porc.
    De son côté Edouard lui peignait ses rêves de destinations exotiques. Les plages de Phuket, quand elles ne subissaient pas les assauts vengeurs d'une nature constamment violée, comptaient parmi les plus belles à ses yeux. Il s'embrasait en évoquant le pays du soleil levant, osant quelques termes spécifiques chapardés dans la lecture assidue d'une Amélie Nothomb nationale.
    Lorsqu'il pénétra dans son bureau ce matin là, Edouard se précipita sur ses pas et, se jetant littéralement à son coup, il lui raconta avec toute l'extase d'un enfant découvrant les cadeaux sous le sapin en plastique, sa nuit passée. Il avait emboutit la plus belle des femmes qui lui ait été donné de rencontrer, ce qui, vu sa vie merdique, ne signifiait, dans le fond, pas grand-chose.
- Elle est tellement belle.
- C'est une brune ?, demanda Abdel qui ne pouvait imaginer la beauté que selon ce critère.
- Non, elle est blonde...Une vraie blonde, précisa le transi avec un clignement obscène mais significatif.
Abdel fit une moue qui pouvait signifier soit qu'il n'aimait pas les blondes, soit qu'il préférait nettement les femmes qui se rasent. Edouard ne releva pas et enchaina.
- Nous avons fait l'amour comme des bêtes, elle faisait la cavalière et moi j'étais son fier destrier. C'est dingue, je ne pensais pas que cela puisse être si bon. J'en bande encore, ajouta-t-il avec toute la poésie qu'on imagine.
- Je suis content pour toi, menti Abdel pour mettre un terme à cette conversation qui gênait quelques peu ses valeurs ethniques.
- Je te souhaite bien du bonheur.
- Merci mon ami. Je te la présenterais un de ces quatre. Tu verras, elle te plaira. C'est une femme formidable.
Abdel aurait aimé le mettre en garde contre la férocité des femmes, le machiavélisme dont ces tigresses sont capables. Il n'en fit rien et se contenta d'opiner de la tête à la manière de Oui-Oui. 


Chance

Hello,

Si tu as le temps, oui envoie moi ton premier roman, je le lirais volontiers et te donnerais mon avis.
J'aime l'écriture et bien-sûr lire.

Je suis au début de ce que tu écris actuellement et pour l'instant, je ne suis vraiment pas déçue, on reconnait bien ta plume.

Il te faudra publier un jour, c'est dommage de garder tout cela pour toi et les membres.
Tu pourrais aussi écrire ces romans sur un blog que tu protèges (copy right). De nombreuses personnes pourraient te lire et te donner leur avis aussi.

En tout cas, merci pour la lecture.

A bientôt.

noway

Je t'ai MP le premier Chance.

Voici la suite, je distille à petite dose mais pas trop le temps d'écrire ces jours-ci:

Chapitre VI

    L'enquête sur l'attentat du Royal Windsor évoluait autant qu'un skin écoutant du Rammstein. Les pouvoirs publics ne pouvaient rien face à l'immense absence d'éléments. L'abysse insondable dans lequel baignait l'affaire navrait les uns et laissaient les autres aussi démunis qu'un bébé phoque face à un trappeur inuit. La capacité qu'a le peuple belge à faire fi de l'histoire, depuis les années quarante ou une majeure partie de la population a baissé ses pantalons pour mieux accueillir les pieux nazis, permettait à la justice de patauger allègrement dans le flou artistique. La police tabassait bien quelques beurs entre le café du matin et l'apéritif du soir mais rien de concret ne ressortait de ces bavures aléatoires. Interpol avait signalé quelques barbus notoires, membres d'Al Qu'Aïda pour la majeure partie mais, en gros, il n'était pas usurpé de dire que la Belgique nageait dans la soupe.
    Hubert Poncin, la quarantaine galopante et le nez lie-de-vin, trainait sa médiocrité dans un petit commissariat sans  grande importance. Il sentait bien que son talent inné se fanait dans ces locaux défraichis et ce bled à la con où le maximum de délinquance se résumait à quelques soulards nocturnes qui passait leur existence avec un verre dans la main et l'autre dans le nez. Il avait lu tous les San Antonio et connaissait les répliques de l'Inspecteur Harry par cœur.



noway

16 Novembre 2009 à 10:50:41 #20 Dernière édition: 14 Décembre 2009 à 17:38:22 par noway
Il avait rejoint les rangs de la défunte gendarmerie dès ses dix-huit ans, motivé par une absence totale d'assuétude scolaire et la promesse d'un logement de fonction. Caserné à Charleroi, il avait gâché ses dons qu'il estimait naturels dans des enquêtes sans envergures et des contrôles routiers sans grandes poursuites. Lorsque le gouvernement avait décidé de la réforme des polices, il s'était retrouvé muté dans une improbable ville wallonne où, il faut bien le reconnaitre, il s'emmerdait à mourir.
Hubert avait sa propre philosophie qui était aussi étriquée que l'orifice anal d'un bébé suricate. Pour lui les conneries des jeunes n'étaient que le fruit d'une éducation trop laxiste et les vols de mobylettes reflétaient le manque de tartes sur le museau dans les premières années de la vie d'un individu. Il affectionnait également les avis tranchés, les clichés de genre et les vérités incontournables de bêtises générées par les plus insignes des lieux-communs. C'était au pied du mur que l'on voyait le mieux le mur, tant allait la cruche à l'eau qu'à la fin elle était forcément pleine et un étranger demeurerait, quoi qu'il arrive, louche et potentiellement dangereux. Ainsi avait-il tout naturellement commencé à surveiller plus que de raison l'arabe local, bizarrement débarqué en ville quelques semaines à peine après l'attentat bruxellois. Le policier menait son enquête officieuse avec tout le soin d'un expert, consignant les allées et venues du supputé terroriste, consignant ses habitudes et ses fréquentations et surveillant les éventuelles disparitions de moutons chez les éleveurs environnants. Il n'avait jusque là rien trouvé de réellement tangible mais son flair continuait de s'agiter en tous sens comme un cochon truffier sous un chêne centenaire. Il sentait que quelque chose de lourd et de terrible se tramait autour d'Abdel et il ne doutait pas, qu'un jour prochain, un ministre ou l'autre lui remettrait la médaille du mérite pour avoir mis la main sur l'exploseur d'hôtel de luxe. Ce qui le contrariait le plus c'était la présence dans le paysage du petit employé communal dont il n'aurait, jusqu'alors, pas imaginé qu'il puisse sans prendre ne fusse qu'à une mouche asthmatique. Or il avait observé de fréquents rendez-vous entres les deux hommes dans un bistrot banal à souhait pour qui veut comploter sereinement. Serpico soupçonnait le duo de préparer un nouvel attentat. Il ne faisait qu'élaborer de fumeuses théories à peu près aussi solides qu'un vieillard sur une paire de skis mais il sentait que sa vigilance finirait par payer. Comme un con n'arrive jamais seul, il s'était confié à un autre imbécile de sa trempe. André Claus était un scribouillard obscur dans un canard local qui servait bien plus souvent à emballer le poisson des longues parties de pêche qu'à informer. Petit binoclard sans charme, il promenait un dos vouté par le poids de sa propre connerie dans les rues de la ville, à l'affut du scoop qui jusqu'alors s'était toujours refusé à lui. Doué du talent littéraire d'un autiste profond, il s'émoustillait devant les épanchements psychosociologiques de son ami flic et ne doutait plus que quelque chose se trama dans la petite ville paisible.

Chapitre VII

  Contre toute attente et en vertu de l'adage selon lequel l'amour est aveugle, Cristelle avait revu Edouard. Elle s'était donnée à lui avec délice mais point trop nympho, le soir où il avait commencé par défoncer le véhicule avant de défoncer la conductrice. Les prestations sexuelles du galant ne furent pas dignes d'être consignées dans les anales quoi qu'il en fut également question dans un moment de confusion mais elle avait été touchée par le personnage tant au sens littéral qu'émotionnel. Jamais encore elle n'avait vu un homme pleurer après l'orgasme, ses grimpeurs habituels se contentant généralement de la jeter hors de leurs camionnettes. Il lui avait préparé un petit déjeuner délicieusement diététique, n'oubliant pas le jus de fruit pour le transit et elle s'était surprise à éprouver de l'affection pour ce ringard des temps modernes. Lorsqu'il était parti travailler, elle avait errée dans son appartement les fesses à l'air et le béguin au cœur. A son retour et contre toutes attentes, elle était toujours là. Ils s'étaient, à nouveaux, lancés dans une séance de débauche acrobatique puis il avait insisté pour lui cuisiner un petit plat dont elle devrait lui dire des nouvelles. Assis en vis-à-vis autour de la table en formica, ils s'observaient dans les vapeurs tropicales d'un cassoulet toulousain. Le repas avait été cordial et il s'était découvert l'un et l'autre.
- Pourquoi es-tu restée, s'était-t-il enquis ?
- Je ne sais pas trop. J'ai apprécié ta sensibilité, ta franchise, ta peau douce. Tu as été tendre avec moi, je n'ai pas l'habitude.
Elle avait poussé vers lui une main aux phalanges de cristal. Un instant déstabilisé, il avait finit par la saisir et, contre toutes attentes, le courant circula.
- Il me faudra bien aller travailler demain, avait-t-elle dit du bout lèvres.
Cela nous laisse encore une bonne nuit de frénésie avait-t-il pensé du bout du sexe.
- Je te conduirais au travail et je prendrais contact avec un garage pour ta voiture. Ne te tracasses pas, j'ai des économies, je m'occupe de tout. Il avait tenu parole, s'était fait entuber de quelques milliers d'euros par un garagiste même pas honnête et le temps s'était écoulé comme il le fait toujours en pareille circonstance. Une semaine de passion tendre, de câlins maladroits et de parties de jambes pratiquement en l'air plus tard, Cristelle avait fait la rencontre d'Abdel. Pour l'occasion, Edouard s'était fendu d'une paëlla presque réussie, avait débouché une bonne bouteille de mauvais vin et tout le monde avait feint d'apprécier le riz trop cuit et les crevettes trop crues. La famille Ingalls n'aurait pu réussir mieux cette soirée de bon aloi où les fous rires fusaient comme des feux d'artifices un jour de fête nationale. Dès le départ Abdel avait été charmé par la plastique parfaite de la demoiselle, il avait bien ressenti un semblant de garde-à-vous dans le fond de son slip mais il n'y avait guère prêté attention.


ella

Wouhaou !! j'ai dévoré toutes les lignes, avec un petit faible pour le départ du 1er livre.
Je trouve qu'il y a du style, du verbe, comme on dit et j'aime aussi les clins d'oeil  à certaines référence comme la chanson d'Aznavour.
Par contre je te trouve très sévère avec toi même, j'espère que ce n'est pas autobiographique  ;D et la comparaison de cristelle avec les blondes un peu cliché.
A moins que cela ne soit le fait que je sois blonde moi même ? :P :P

noway

Merci pour le commentaire. Non je te rassure cela n'a rien d'autobiographique. L'exercice justement est de créer des personnages les plus nuls et insignifiants possible (d'où le titre), c'est très agréable de tenir le destin de ces personnages au bout des doigts avec le pouvoir de les noircir ou de leur donner un peu de grâce et de bonheur (un peu comme dans le Magnifique avec Belmondo). L'autre objectif est de les mettre en situation d'être les héros d'un roman quand leurs vies semble si insignifiante qu'on en écrirais normalement pas une ligne. Pour ce qui est de la blonde, je ne suis pas de ces cons qui rigolent aux blagues stupides sur les blondes, c'est plus une provoc dans la caricature, un peu comme je m'en prend à mon personnage arabe pour dénoncer le racisme persistant. C'est de l'humour bien noir je le concède.

noway

Pour ceux que cela intéresse, j'ai suivi le conseil de Chance et créé un petit blog pour faciliter la lecture. Vous y trouverez bien sur le roman en cours mais aussi quelques petites nouvelles.

Pour le premier roman il faudra encore patienter un peu avant de le lire, il est en finalisation avant impression.

http://modesteprose.unblog.fr/

oto-buss

oua noway ta du talent vraiment ^-^

guigui9

J'aime beaucoup lire et si un jours tu sort un livre dis le moi que j'aille l'acheter ! :)

noway

Merci pour vos encouragements. le premier roman devrait passer le cap de l'édition en janvier...A voir, je croise les doigts

guigui9

On croise tous les doigts pour toi nowai !  :)

Mikysupernoodles

Ton premier roman me plait bien Nono. J'avoue que je suis moins touché par les phrases alambiquées du second  :P
En tous cas, ca me ferait très plaisir d'avoir un exemplaire si ton roman passe l'édition  ^-^ (avec un autographe bien entendu  :P)


noway

14 Décembre 2009 à 17:37:03 #29 Dernière édition: 14 Décembre 2009 à 17:38:59 par noway
(suite du Ch XII)

Il lui était apparu étrange de pouvoir ressentir une quelconque sympathie pour une femme dont l'épiderme ne soit quelques peu teinté, ne serait-ce que de la mémoire du soleil infaillible de l'Orient. La pâleur de sa peau conférait d'avantage encore à sa fragile beauté. Comme une fleur coupée qui n'a pas encore pris la mesure catastrophique de sa situation, la belle ondulait des hanches salaces en desservant la table, chantonnant doucereusement « Mr Shubert, I love you ». Les deux acolytes se tenaient quelques peu en retrait, le cul confortablement rivé dans le divan hideux. Ils s'arrosaient au cognac, Abdel n'étant guère plus à cheval sur la question de l'alcool que sur celle du porc dans lequel, il le concédait volontiers, tout était bon sauf peut-être l'anus. Leur conversation planait haut et loin. Comme à l'heure habitude, ils se contaient des destinations bien lointaines, à mille lieux de leur quotidien et de leurs petits pupitres communaux. Je l'ai déjà évoqué plus avant, ces augustes insignifiants ne connaissaient du monde lointain, guère plus que ce que leur en apprenait Nicolas Hulot à des heures improbables de la nuit quand sont couchés les honnêtes gens et que ne demeurent levé que les dépressifs ou les junkies. Les premiers pleurant devant la beauté d'une partie de baise entre un couple de singe à culs bleus, les seconds ne pouvant plus contrôler leurs paupières ni leur sphincters et s'urinant lamentablement dessus en s'extasiant sur la beauté des plantations d'opiums Vietnamienne.
Quand ils eurent largement épuisé les sujets exotiques, ils se trouvèrent tous deux en panne de mièvreries à déballer entre deux gorgées de gnole. Le silence est un bienfait que seul peut apprécier le plus sage des sages de la tribu des Quechuas. Pour le reste de l'humanité, cette carence sonore confère à l'insupportable. D'autant qu'il est scientifiquement prouvé que c'est, en ces moments, que le corps se rebelle et que le pet exulte, trompette cacophonique qui précède la très embarrassante cavalerie olfactive. C'est dans la crainte d'une éventuelle perle bruyante et parce qu'il aimait à remplir les blancs avec des platitudes, qu'Edouard se lança dans une conversation agrippée au hasard :
- Tu ne  m'as jamais dit pourquoi tu avais quitté Bruxelles ?
- Non, tenta effrontément Abdel qui espérait ainsi déjouer une discussion qui le gonflait déjà.
- Et bien ?
- Et bien, échota  l'ex-bruxellois.
- Tu me le dis ?
- Je te dis quoi ?, risqua encore une fois le malheureux au comble du supplice.
- Pourquoi tu as quitté la capitale, ton job, tes amis, tout ça ?, engloba le quelconque.
Il n'était plus temps de fuir, il fallait affronter et déballer ces craintes refoulées. Faire face à sa mémoire et à tout ce qu'elle avait pudiquement recouvert d'un voile comme il est encore de bon ton dans certaines familles maghrébines. Abdel s'enfila une large rasade de cognac, s'octroyant un répit alcoolique, quoi que de courte durée, puis se jeta à l'eau.
- C'est à cause du Windsor.
- Le Windsor ?
- Le Royal Windsor ? L'hôtel qui a explosé?
- Oui, souffla Abdel.
- Putain, ce n'est pas vrai. Ne me dis pas que... Non...C'était toi ? Edouard ne pouvait en croire ses oreilles ce qui, vu la taille des esgourdes, était un peu stupide. Il avait bien ouï et cela l'effrayait bien plus que la perspective d'un nouvel album de Christophe, ce qui n'était pas peu dire.
- Non, bien sur que non, ce n'était pas moi ? Pour qui tu me prend abruti ?, s'énerva le con pair.
Se levant hasardeusement, son verre brandit au bout de ses phalanges de bureaucrate, Edouard tançait son con parse avec dédain et une certaine difficulté très certainement liée à l'ingurgitation massive d'alcool.
- Je te prends...Je te prends pour un sale petit pédé de terroriste, vociféra-t-il.
- Moi ? Je t'encule !
- Je le savais, j'en étais sûr.
- Il est hors de question que je reste une seconde de plus dans cette baraque de sale raciste, beugla le con battant, en essayant de sortir par le placard.
Alertée par leurs éructations éthyliques et, il faut bien le reconnaître, à la limite de l'homophobie, Cristelle se précipita dans la pièce comme un enfant somalien sur un grain de riz. Elle trouva son con joint en train de traiter le ficus benjamina de sale arabe et l'autre arabe se débattant sous les assauts métalliques de sa planche à repasser. La panique était totale dans le petit cerveau de la jeune femme, comment devait-elle gérer cette situation, elle qui n'était même pas capable de nouer ses lacets  toute seule ? Pourtant, elle savait qu'il lui fallait réagir et que, de sa réaction, dépendrait la suite de l'histoire car, à ce stade, l'auteur était bien trop défoncé que pour écrire quelque chose de cohérent. La preuve lui en fut donnée lorsqu'une licorne sans corne traversa le salon. Oh un zèbre sans rayure ! Prenant son courage à deux mains, elle le déposa sur le divan pour mieux baigner l'insignifiant qui l'honorais de ses prestations hasardeuses depuis quelques temps. La gifle résonna, une canine rendit l'âme et le battu s'affala sur l'horreur mobilière dont le vert en avait fait vomir plus d'un sans que jamais le cuistre ne pensa à recouvrir l'innommable d'un plaid. Satisfaite du résultat, elle fondit sur Abdel pour le gratifier de la même mandale magistrale dont seuls quelques curés conservent la maîtrise lorsqu'ils punissent ma sœur pour avoir laissé trainer sa main dans la culotte d'un zouave. Ebranlé, il se laissa choir à même la moquette. Calmé, sonné et un peu honteux de s'être fait maravé par une petite blondinette, les deux penauds se tenaient la joue avec leur main comme s'il s'était agi de téléphones portables.
- Vous n'avez pas honte ?, hystérisa-t-elle dans un registre des plus aigus.
Comment auraient-ils pu ressentir de la honte alors que leurs neurones se noyaient misérablement dans l'alcool, sans même qu'un quatuor de musiciens perfectionnistes n'entamât le moindre morceau sirupeux ? Les deux acolytes se regardaient en coin, la tâche étant d'autant plus délicate que tous deux étaient ronds. Edouard songeait à délatter sérieusement ce tueur de bourgeois qu'il avait convié à partager sa paëlla tandis qu'Abdel se disait que, peu importait l'endroit ou les gens, un arabe ne serait jamais rien d'autre qu'un arabe et qu'un con resterait forcément un con.
- A quoi pensez-vous donc ? Il n y a pas suffisamment de guerre dans ce monde, il faut que vous vous déchiriez en plus entres amis ?
Les regards baissèrent, fixant la moquette qui, finalement n'avait rien à envier au douloureux divan. Le rouge monta aux joues, enfin celle qui ne s'étaient pas faites claquer. Les esprits des deux belligérants se clarifiaient sous les hurlements de Cristelle dont une petite vaine au front semblait sur le point de céder. Le cessé le feu devenait plausible, mieux : cela sentait bon le traité de paix.
- Serrez-vous la main, bande de primates, tenta la médiatrice, toute fière de placer un mot qui connotait une connaissance érudite du monde animal.
Penaud, l'hôte s'avança vers son ami et lui tendit une pogne tremblotante. Ce dernier préféra ignorer cette paluche brandie et attrapa fougueusement son ami à bras-le-corps, le pressant contre son cœur et l'inondant de larmes de joies. Il n'aimait pas rester fâché.
- Pardonnes-moi hulula le premier.
- Non, toi pardonnes moi, pleurnicha le second.
- Pardonnez-vous l'un et l'autre, prêcha la troisième qui revenait décidément bien plus vite qu'un spam.
L'accolade fut longue et les sanglots sincères. De ces sanglots de petits garçons qui secouent jusqu'aux épaules et qui glissent des soupirs contrits dans les phrases comme de la ponctuation. Cristelle observait la scène, émue telle une maman regardant ses fistons unis d'une passion commune dans le délicat exercice qui consiste à glisser des pailles au cul des mouches. La soirée se clôtura dans des fous rires éthyliques et un peu de vomi sur la moquette dont personne ne voulu revendiquer la paternité.

Chapitre VIII  

  C'était un jour comme un autre qui n'apporterait rien de plus à une humanité dont une bonne partie s'entretuait à coups de machettes ou de voitures piégées pour les plus bricoleurs et dont la partie restante feignait d'ignorer ce qui se tramait plus bas. Les chiens déféquaient paisiblement sur les trottoirs, sous le regard bienveillant de leurs maîtres imbéciles. Les chats se planquaient sous les combles, attendant la nuit noire pour devenir gris. Quelques oiseaux idiots s'époumonaient en piaillements qui ne pouvaient couvrir les bruits sourds d'une ville s'éveillant. A l'aube, les éboueurs et les facteurs s'étaient mis en route, ramassant les poubelles ou distribuant les ordures publicitaires. Les camions bennes se gavaient de poubelles. Au loin, les cloches d'une église tintaient, rappelant à qui voulait l'entendre que Jésus avait quand même pas mal morflé pour nous et qu'une petite pièce dans le tronc des pauvres, ce n'était quand même pas cher payé pour un salut éternel.
   Il s'était levé sans conviction et la main dans le slip. Gratouillant ses attributs d'une main habile, il avait avalé un mauvais nescafé debout dans l'embrasure du frigo, contemplant dans la lumière blafarde les dizaines de pots de yaourts qui constituaient l'essentiel de son alimentation. Le temps de s'assurer que les trois-cent mails dans sa boite de réception ne revêtaient aucun intérêt,  dans la mesure où son âge moyen le mettait encore à l'abri d'un recours au viagra, et il s'était dirigé vers la salle-de-bain. Dix minutes plus tard, il en était ressorti, même pas rasé mais sentant un peu moins mauvais qu'en y entrant. Le port d'une ceinture à son jeans élimé rendant difficile son exploration testiculaire, il devait désormais se contenter d'une palpation négligée à travers l'étoffe. Il n'avait pas un planning bien chargé et, dans la mesure où il n y avait même pas eu un chien écrasé pour alimenter sa rubrique, il se préparait à une douce journée de farniente, affalé sur son lit, se gavant de petits Lu en matant quelques mangas non-licenciés.
   Il sursauta lorsque la sonnerie de son portable résonna dans l'austère appartement. La mélodie polyphonique de « La soupe aux choux » lui avait toujours paru un choix judicieux et cocasse, ce qui situait le seuil de son bon goût entre le Benny Hill Show et Jean-Marie Bigard.
- Allo, dit-il avec toute la conviction d'un écossais pris dans une quête pour le cancer.
- Ecoutes, maman est près de toi ? Il faut lui dire : maman c'est quelqu'un pour toi, fredonna l'interloquant interlocuteur.
- Hubert, vous me faite systématiquement la même blague à chaque fois. Maman repose au cimetière de Sainte-Clothilde-Sur-Assnois et je doute  que quelqu'un ai pensé à installer le téléphone dans le caveau familial.
- Vous n'avez décidément aucun sens de l'humour, regretta le flicard.
Délaissant l'humour pour la crétinerie, il mit au courant le journaliste de l'état de ses recherches en cours. Un de ces confrères de Bruxelles lui avait fournis sous le sceau du secret et d'une large enveloppe de papier kraft, quelques informations sur l'attentat du Royal Windsor. Ainsi, il avait apprit que l'engin explosif avait été déposé dans le sous-sol du bâtiment et que sa conception semblait des plus artisanales. Pas le genre de truc qu'on eu pu espérer de la part d'une mouvance aussi organisée et professionnelle que celle des disciples d'Oussama. L'enquête s'orientait donc vers nulle part dans l'indifférence générale. Mais pour un vieux briscard comme notre gendarme, il y avait là anguille sous roche. Il avait bien réfléchis à cette incohérence apparente et en était arrivé à la seule conclusion logique que sa connerie, plus incarnée qu'un ongle, pouvait envisager : il s'agissait là d'une manœuvre ingénieuse pour égarer les limiers assermentés. La bombe avait été, intentionnellement, bâclée afin d'effrayer plus encore les pouvoirs judiciaires en leur soumettant l'hypothèse d'un terrorisme mutant. L'acte de Monsieur « tout le monde » en sommes. Mais, aussi ingénieux que soit le subterfuge, Hubert sentait bien que derrière cette mascarade se dressait l'ombre d'un réseau islamiste dont Abdel était un des maillons forts. Il enjoignit son acolyte de le retrouver, une heure plus tard, rue Rocheplat, d'avantage réputée pour ces quelques tapineuses vénériennes qui y fleurissaient au couché du soleil, que pour son architecture quelconque.  Là, il lui ferait part de la suite de « l'opération migration ».
- Pourquoi appelez-vous cette opération de la sorte?, demanda André.
- C'est un message codé, c'est en référence aux arabes.
- Les arabes ne migrent pas, ils émigrent, corrigea l'ami des mots.
- Vous êtes sur, c'est quoi la différence alors ?
- Et bien : la migration se sont les oiseaux qui volent et l'émigration se sont les étrangers qui volent.
Ce fut sur cet échange nettement xénophobe que prit fin leur conversation. Il était grand temps qu'André se mette en route.