25 Mars 2019 à 21:27:55

Nouvelles:

Soyez poli. Dire "bonjour", "merci", "s'il vous plaît" . . . ça n'a jamais tué personne.


Shoutbox

  • Oddie221: hello tout le monde
    08 Mars 2019 à 12:31:42
  • romain901: Bon bah je vais essayer de proposer quelque chose moi-même  ;D
    18 Février 2019 à 18:32:32
  • romain901: Si des graphistes ont du temps à occuper, je suis toujours ouvert à des propositions pour un nouveau design du site
    04 Février 2019 à 18:33:48
  • romain901: Je supprime les bots à chaque connexion mais j'ai peu de temps actuellement à cause des études :/
    04 Février 2019 à 18:32:44
  • Masa: Est ce que le forum est toujours actif ?
    03 Février 2019 à 17:11:39
  • KingMcSokar: Là par contre faut vraiment faire quelque chose contre les vagues de bots
    29 Janvier 2019 à 21:20:22
  • Alchimiste: Malheureusement je ne peux pas delete les spams qui sont dans la section [Recrutement]
    27 Janvier 2019 à 16:58:59
  • Alchimiste: Il y'a beaucoup de pubs par contre
    27 Janvier 2019 à 16:56:37
  • Alchimiste: Bonne année à tous en retard !
    27 Janvier 2019 à 16:56:29
  • Les Fées Bohèmes: Bonne année!
    26 Janvier 2019 à 07:57:28
  • Oddie221: Bonne année à tous :)
    05 Janvier 2019 à 13:07:17
  • Les Fées Bohèmes: bonsoir à toutes et tous
    20 Décembre 2018 à 18:55:07
  • Oddie221: hello tout le monde
    27 Novembre 2018 à 21:17:27
  • teka che: salut à tous je suis du Mali et c'est un ami qui m'a indiqué ce forum  je voulais qu'on m'aide pour un logo s'il vous plaît c'est urgent
    12 Novembre 2018 à 23:16:36
  • teka che: salut
    12 Novembre 2018 à 23:12:41
  • KingMcSokar: [y€s]
    13 Octobre 2018 à 13:17:22
  • Oddie221: coucou
    07 Octobre 2018 à 12:12:33
  • noway: bonsoir à toutes et tous
    01 Octobre 2018 à 19:03:34
  • setsuna93: Sa doit bien faire 2 ans que je ne suis pas revenue ici :s...
    25 Septembre 2018 à 23:41:48
  • noway: désolé pas été beaucoup présent ces derniers temps. Un grand merci pour la chasse estivale aux bots
    18 Septembre 2018 à 21:14:57

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Votre avis m'intéresse

Démarré par noway, 29 Octobre 2009 à 23:37:51

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noway

Certains le savent peut-être déjà, je suis dans une période où je me prend pour un auteur. Je gribouille des pages Word avec la douce utopie de croire que j'ai, outre un talent éventuel, une possibilité d'un jour arriver à me faire éditer.
Mon premier roman, terminé dernièrement, est pour le moment, rangé au fond d'un tiroir, je le laisse décanter encore un peu avant de lui envisager un avenir éventuel.
Mon second essai a démarré hier soir et je suis assez mitigé quand au ton donné. Pour expliquer brièvement ce que vous allez découvrir, j'en reviens à l'origine du ton. Certains ont peut-être lu "Des femmes qui tombent", unique roman de Pierre Desproges. Il embarquait le lecteur dans une histoire abracadabrante d'extraterrestre mangeur de caoutchouc et assassinait allègrement et sans remords apparents des centaines de femmes dans son récit. Ce que j'adore le plus à chaque relecture c'est le ton cynique et volontairement méchant et incisif de Desproges qui n'hésites pas à affaiblir ses personnages les transformant en alcooliques notoires, obsédées sexuelles, ... La férocité du ton est tout simplement jouissive et je regrettait que personne, après lui, ne se soit résolu à écrire dans ce style. C'est ce que j'essaye actuellement de faire. Bref, trêve de bavardages, je vous propose ici la lecture du début du récit (en l'occurrence les deux premiers chapitres) qui donnent, je pense suffisamment le ton de la suite. Je vous invite à lire ceci et à me donner vos avis à la suite de ce post. Cela m'est très précieux dans cet exercice d'écriture. Merci à tous ceux qui m'aideront.

Ces personnes qui sont tout le monde (titre provisoire)

Chapitre I
Edouard Duchemin


Edouard Duchemin ne pouvait se targuer que d'une seule chose dans la vie : posséder un nom de famille qui ne lui correspondait vraiment pas du tout. En effet, depuis le pathétique moment où il s'était désenglué de l'entre-jambe fatiguée d'une mère indifférente, il n'en avait parcouru que très peu. A trente-cinq ans, il se contentait de trainer sa médiocrité dans un monde qui ne lui procurait guère plus de satisfaction qu'un ours brun n'éprouve de plaisir à lécher une cuillère de sauce Worcestershire. Physiquement il avait autant d'attrait qu'une amibe en tenue de parachutiste. Il n'était pas vraiment laid mais il serait présomptueux de dire qu'il était beau. Il ressemblait à ses plats cuisinés vendus au prix de l'or et excitant autant les papilles qu'un sushi cuit.  Comme il n'avait pas de rêves il vivait le cauchemar  ordinaire de ces gens qui traversent la vie sans faire de vagues, se contentant d'un petit emploi de fonctionnaire communal. Etriqué comme son existence et comme ses costumes grisâtres que l'on aurait pu croire hérités de son grand-père si sa génitrice indigne ne l'avait pas balancé aux portes d'un orphelinat aussitôt que le corps médical se fut lacé de sa fadeur de nouveau-né insipide. Sans famille, sans réels amis et bien sur sans compagne, il habitait seul mais sans maman dans un très vieil appartement qui n'avait même pas cette qualité coquette d'être sis rue Sarasate. Ses perspectives d'avenir se limitaient à épargner péniblement quelques euros dans l'hypothétique utopie de s'offrir un séjour dans un pays exotique et où, si possible, il pourrait pour pas trop cher développer une libido qu'il soupçonnait galopante mais dont il ne connaissait guère plus que ses nombreux tête-à-tête avec lui-même. Edouard représentait l'archétype du gars qui passe à côté de sa vie sans même la reconnaître. Il avait, à l'aube de ses dix-sept, découvert qu'il était pourvu d'un organe qui avait d'autres fonctions que celle de vidanger et il était alors partis en quête de celle qui pourrait lui permettre de grimper, si pas jusqu'au septième ciel, tout du moins jusqu'au second. C'est Clothilde Brasier, mocheté notoire mais au tempérament plus chaleureux qu'une hyène en rut qui se chargea de déniaiser le gaillard. L'expérience fut pitoyable mais le jeune homme conserva de celle-ci, un souvenir qui, jusqu'alors n'avait pu être effacé par aucune autre.
Lorsqu'il rentrait d'une journée même pas harassante, il se fondait dans un bain chaud et laissait mariner sa carcasse inutile de longues heures durant. Puis il s'ouvrait une boîte de cassoulet, y rajoutait quelques rondelles de cervelas et s'affalait dans un divan hideux, honte notoire d'un fabricant de meubles dont, à l'époque de la grande terreur, on aurait fait rouler la tête dans un panier d'osier, et s'abrutissait devant les programmes débilissimes de la toute puissante première chaîne. Son cerveau se mettait alors en veille et il avalait ses fèves grasses et toutes les insanités putrides des feuilletons américains.
Parfois, il se lançait dans l'aventure et se fendait d'une incursion dans le monde des vivants en empoignant fermement un caddie forcément déglingué pour arpenter les allées  d'une grande surface. Il aimait à observer les mères de familles si actives qui déambulait, avec toute la grâce d'une otarie bourrée, entres le rayon des couches et celui des alcools forts, une ribambelle de gamins pendus aux bras. Il se plaisait à s'imaginer en père exemplaire, éduquant ses rejetons dans les valeurs grandiloquentes d'une croyance maladive en Dieu. Car il faut bien ajouter à ses nombreuses tares une foi inébranlable en un type mystique et planqué dans les cumulonimbus, loin des conflits qui ravagent le monde, éparpillant des morceaux d'innocents aux quatre coins du globe.

Ce qui m'amène à préciser, si ce n'était pas suffisamment évident pour quelques esprits embrumés par les frasques même pas clairement sexuelles des jeunes cons du Loft, qu'Edouard n'était pas rancunier pour un sous. Avec une vie aussi merdique on eu pu s'attendre à ce qu'il retourne les crucifix dans les lieux publiques supposés agnostiques mais de son existence pathétique il ne formulait pas la moindre critique. Satisfait, jusqu'à la moelle, de n'être personne, il continuait à promener son inutilité sur les trottoirs piégés de macarons marrons et nauséabonds de sa ville natale, désormais aux pattes de hordes de canidés.
   Tout en lui était fade et les rares personnes qui se risquaient encore à lui tenir le crachoir s'en mordait tellement les mains qu'ils leur fallait renoncer à leurs rêves de conservatoire tant on sait qu'il est difficile de jouer du piano, même debout, avec des moignons.
   A ce stade du récit, Edouard apparait si soporifique que l'on peut légitimement se demander pourquoi l'humble narrateur inflige à ses lecteurs, au-delà d'un prix de vente prohibitif, l'affligeante description d'un individu aussi terne. Judicieuse réflexion qui démontre que tous les lecteurs ne sont pas encore totalement contaminés par les platitudes lobotomisantes de la toute première chaine. Je vous répondrais donc que ce ne sont pas vos affaires mais que, dans ma grande mansuétude, je peux vous assurer que cet ersatz d'être humain possède, même si cela parait relativement improbable à ce stade, un potentiel héroïque qui lui conférera au fil des pages un intérêt grandissant.
   Pour le moment, il est tellement peu attractif que nous allons le laisser quelques temps à sa passionnante existence pour nous balader un petit peu vers les autres intervenants de ce récit.



Chapitre II
Cristelle Aubert


  Cristelle Aubert avait d'indéniables qualités. Elle était gentille, souriante, d'un optimisme horripilant mais surtout, elle était dotée d'une plastique  qui eu pu convertir le plus homosexuel des homosexuels, y compris Georges Mickaël. Forcément elle était blonde et c'était bien là tout son drame. Icône vivante de la blondasse stupide, elle incarnait, à elle seule, toutes les vannes plus ou moins grasses, inventées à l'encontre de cette catégorie de femmes, dont les hommes ayant épousés des brunes, rêvaient secrètement. Pour elle la lèpre était une destination lointaine et lorsque, au hasard des rues elle tombait sur un billet de dix euros, elle se déshabillait et se mettait à danser.
On l'aura compris, Cristelle était l'incarnation même de la conne bien gaulée.
  Elle travaillait dans une boutique de fringue pour femmes dont les maris se crevaient suffisamment bien assez au boulot pour qu'elles puissent claquer l'équivalent d'un salaire d'éboueur dans des robes qui leurs iraient aussi bien qu'une paire de gants à un manchot. Le peu de tissu utilisé le disputait aux tarifs prohibitifs pratiqués dans ce temple du capitalisme absolu, dirigé d'une main de fer par une patronne friquée, fardée et pète-sec répondant au doux prénom de Flore. Grande fan de Mylène Farmer devant l'Eternel, elle avait pompeusement baptisé son piège à fric « Ré-habillez-moi », reniant par-là même toute la carrière d'une Juliette Greco dont elle ignorait jusqu'à l'existence.
Cristelle virevoltait entres les étals avec toute la grâce d'un papillon exotique, butinant à l'occasion un pistil masculin de livreur lorsque la Flore était absente.
Les clientes la haïssait mais se gardait bien de le lui faire entendre. Il est plus glorifiant quand on est moche mais riche de s'afficher en compagnie d'une beauté, même stupide, que de lui déclarer une guerre qui ne ferait que confirmer la laideur intérieur de tous ses portefeuilles sur pattes. On lui souriait donc avec condescendance tout en lui affichant de très peu convenants doigts d'honneur dès qu'elle tournait le dos pour retrouver le fil de ses maigres pensées.
De ses études laborieuses, la jeune femme n'avait retenu que bien peu de choses : la Terre, bizarrement, était ronde, deux plus deux équivalait à quatre et le meilleur moyen de gagner sa moyenne était de compter sur une bouche avenant et des genoux solides. Ce dernier précepte dirigeait sa vie depuis le jour où elle avait quitté les pénates parentales pour se lancer à l'assaut du grand monde. Enfilant des kilomètres de chairs masculines entres ses joues roses, elle avait successivement pu occuper des fonctions aussi diverses et variées que non adaptées à son intellect de marsupial. Ainsi, elle avait été, tour à tour, caissière, livreuses de gâteaux même pas bons, manucure et même gardienne de musée. Rapidement et fatalement, toutefois, son incompétence patentée prenait le dessus sur ses capacités buccales et son joli post-arrière se retrouvait sur le bitume. Son emploi de vendeuse chez Flore constituait sa plus longue période de travail au même endroit et cela était d'autant plus surprenant que, pour une fois, sa langue experte n'y était pour rien. Il serait tentant de mettre cela sur le compte du fait que les bourgeoises friquées ont autant de goût vestimentaire que de bonnes intentions envers le tiers-monde. Cristelle pouvait donc balader son incompétence en toute impunité entres les tenues abscondes de sa patronne que j'aurais aimé abusive et perverse, ce qui aurait conféré à mon écrit une dose de lesbianisme suave. Il faudra cependant renoncer, pour le moment à ces frasques érotiques mais je promets dans la mesure de ma démesure d'essayer de vous glisser quelques morceaux de gazons au court de mon histoire.
Outre son emploi de vendeuse, Cristelle vouait une passion sans limites à la peinture, domaine artistique où elle excellait autant qu'un phacochère peignant avec ses défenses. Elle passait de longues soirées solitaires à peindre lamentablement des bouquets de fleurs infâmes et informes. Une autre passion, déjà entrevue plus haut lui comblait les nuits où elle ne massacrait pas les lys et autres fleurs innocentes, les hommes. Elle les collectionnait avec plus de ferveur que le plus acharné des numismates. Grands ou petits, blond ou bruns, gros ou maigres sont lit voyait régulièrement passer des individus de toutes les races et de toutes les pratiques sexuelles : du gentil missionnaire à l'excentrique dominateur. Pour la jeune femme, le sexe était un hobby comme un autre et il lui paraissait vain de cloitrer sa libido débordante dans un ménage où la fidélité finirait immanquablement par tarir l'orgasme. Entre peintures dévastatrices et orgies débridées, Cristelle vivotait son existence sans trop se préoccuper de ce qui pouvait bien se passer autour d'elle. Elle avait zappé la guerre en Irak, trouvait que Katrina était un doux prénom et n'avait pas compris pourquoi son voisin de palier, endetté jusqu'au cou et chômeur lassé, avait finis par se précipiter par la fenêtre, transformant radicalement sa vie en un steak tartare des plus disgracieux. Une si petite cervelle, même sertie dans un si joli corps, ne pouvait emmagasiner que fort peu de matière, même grise.  La poupée blonde, du haut de ses trente-deux ans, envisageait cependant parfois, avec un peu de nostalgie, l'éventualité de procréer. Elle fantasmait un enfant, clone décérébré, dont les facultés intellectuelles du paternel potentiel pourrait éventuellement lui apporter suffisamment de réflexion pour finir par un jour contrôler ses sphincters. Mais comme cela équivalait à une corde au cou et que son cou était aussi bien roulé que le reste, elle se résignait et s'engonçait dans sa vie solitaire et débridée, se consolant en se disant que le jour où l'envie se ferait trop pressante, il lui resterait la possibilité de ne plus se contraceptiser. Un parfait inconnu serait alors le géniteur accidentel du rejeton qu'elle ferait toute seul comme le pleurnichait si bien Jean-Jacques.



Nergal

 :) GG Noway , j'aime bien le ton que tu emploies ^^   continue comme ça  ^-^ (tu m'as donné envie de lire les autres chapitre  :P )

P'tites questions ^^ :

- Ton premier roman est du meme style ?

- De quel genre est il ?   auto-biographie ^^ , policier ,aventure ... ?

Dis nous en plus ,s'te plait ^-^

ilove-serpent

moi je trouve cela tres bien le seul truc avec le quels j'ai un petit peu de mal c'est que ca fait vraiment profs de francais certain mot que tu emploi et/conjuge
sinon cela me plais bien possible d'avoir une apercu du premier ??? ;D :) ;) h,;:ju

noway

Merci pour vos encouragements, c'est terriblement jouissif de massacrer de la sorte ses personnages. L'exercice est très savoureux. La suite prochainement.

Le premier est nettement plus intimiste et si j'ai choisis de le laisser un peu de côté c'est parce que certaines personnes dans mon entourage cherchent à faire des amalgames que je ne souhaite pas. Je vous en laisse un chapitre (vous verrez que le ton n'est pas le même et qu'il oscille entre humour et poésie). Nergal si tu le souhaites je peux te le filer par msn  ^-^


Le guet-apens des amis.


   J'ai fini par accepter leur invitation.
   Je ne pouvais quand même pas, éternellement, repousser ces mains tendues. Ils justifiaient, ni plus ni moins, leur statut de bons amis. Je sa-vais que ce dîner était un piège. Qu'il y aurait immanquablement tout autour de la table des gens qui essaieraient de me mentir, de me convaincre que la vie peut être belle sans elle. Que le soleil se lèvera toujours, que je croquerais encore d'autres cuisses. Et moi, j'avais la trouille de finir par les croire.

- Allez Louis, pour une fois : accepte. On sera entres amis
- Je ne sais pas trop, je me sens un peu nauséeux, avais-je hasardé.
        Plus des masses d'arguments en vérité.
- Tu ne peux pas passer toute ta vie enfermé entres tes quatre murs.
        Disons que c'était un peu mon projet jusque-là. Seul, caché de tous, et le plus malheureux possible.
- Fais-moi plaisir pour une fois. Tu ne discutes pas et tu viens dîner.
- Je vais essayer (compte là-dessus) mais je ne peux rien te promettre...
- Aline et Stéphane seront là. Pour une fois qu'ils arrivent à caser leurs gamins.
        Ah les rejetons d'Aline et Stéphane. La bête noire de Gaëlle. Elle adore inviter, montrer qu'elle sait cuisiner, recevoir avec classe. Ce ne sont pas les réceptions de l'ambassadeur mais on est toujours bien accueilli. Les petits plats sont dans les grands, le service de grand-mère a été dépoussiéré, même les flutes en cristal sont disposées sur la petite table du salon. Alors vous pensez bien : deux mômes là-dedans. Elle en sue la pauvre.


- Alors c'est bon, je peux compter sur toi ?
- ...
- Louis ? Dis-moi que tu acceptes cette invitation.
- ...
      J'ai envie de la faire mariner quelques secondes encore. C'est ce qui est confortable quand on est malheureux : on peut être injuste avec les autres et ne presque pas s'en vouloir.
- ... Ok, je serais là.
- Super, hurle-t-elle dans le combiné (adieu tympans). Tu verras, on va bien s'amuser.
- Je n'en doute pas.

   En fin d'après-midi, il a bien fallu que je me prépare. Il est difficile d'essayer de se faire agréable quand on se sent si laid. Quand tout ce qui nous rendait beau s'est envolé vers un autre. 
   J'ai ouvert la penderie et déjà elle était là. Je sentais son souffle rassurant par-dessus mon épaule. C'était un peu son œuvre. Elle m'avait relooké et j'avais adhéré à tous ces choix, à toutes ces folies. J'ai opté pour une chemise en lin de couleur crème sur un jeans savamment délavé.
   Le plus difficile a été de me retrouver face à mon miroir. Je m'étais habitué à mon reflet d'homme des bois. Il fallait pourtant que j'efface cette broussaille, témoin capillaire de toute ma détresse affective. Je ne me plaisais plus. Je me dégoûtais même clairement.
   J'ai enfilé un paire de baskets (merde quoi, j'ai fait l'effort sur la chemise !), j'ai attrapé mes clefs et je suis sorti sans verrouiller. Il n'y a plus rien à voler chez moi depuis qu'elle est partie en emportant mon cœur.

   Je me suis garé assez loin de l'immeuble. J'avais envie de marcher, de ralentir le temps. Ne surtout pas arriver trop tôt.
   L'avenue est apaisée. Les voitures semblent dormir. Les lampadaires éclairent quelques bouts de trottoirs sur lesquels des groupes de jeunes s'agglutinent. Aux portes des cafés, quelques passants devisent. Un chien aboie au loin. C'en est presque rassurant de banalité.
   J'imagine d'autres jeunes sous d'autres néons et latitudes, des chiens plus exotiques qui se font entendre du fond d'une rizière ou d'une palmeraie. Cette scène se décline certainement sous de multiples couleurs, en de multiples endroits. Lorsque l'on on envi-sage les choses sous cet angle particulier, les guerres, les conflits, les jeux de pouvoirs... Tout cela apparait tellement stupide.
   
   Une fois sur la Grand-Place, mon inconscient prend le dessus et je m'engouffre, sans m'en rendre compte, dans la zone piétonne. La rue s'y rétrécit pour n'y laisser passer que les bipèdes. Les petits commerces se serrent les uns sur les autres comme s'ils avaient froid. Les vitrines sont éteintes mais pas mes émotions. Le palpitant s'affole, je viens seulement de réaliser que ce n'est pas le chemin qui conduit chez mes amis. Déjà il est trop tard : l'enseigne du restaurant m'apparaît dans un rai de lune : « L'Eden ». Ma gorge se noue, un long frisson me parcourt des pieds à la tête. Je sais que je vais fermer les yeux et la laisser me faire à nouveau du mal.
   
   Elle est là, radieuse, éblouissante dans sa longue robe noire. Elle rit et c'est un bout de paradis qui sort de sa bouche, ses yeux pétillent, mille étoiles en jaillissent.
   Les autres clients sont tous jaloux, forcément. Les hommes bavent, les femmes fulminent. Et nous, naufragés sur un îlot de bonheur absolu, on ne les voit même plus. On s'aime tout simplement.
   Je débite des flots de paroles et elle écoute. Je lui parle de mon divorce, de mes enfants, de ma coquille sur ma tête. Je la saoule de mots vaguement assemblés en phrases. Parfois, elle sou-rit et mon train verbal déraille. Je bégaie, je bafouille et elle fond. Elle ne dit pas grand-chose. Ses yeux font tout le travail. Fichés au fond des miens, ils sont la promesse de tous les plaisirs.
   Je lui ressers un peu d'eau fraîche et je sens son pied qui vient se coller à ma cheville. Puis il remonte lentement, s'arrête à mon genou et repart en arrière. Un début d'érection instantané me peint le rouge aux joues. L'ingénue savoure son petit effet. Je l'aime si fort, que je prends conscience de toute ma faiblesse.
   D'un commun accord, et pour ne pas faire comme tout le monde, nous n'avons pas fait l'amour ce soir là.


   Ils s'appliquent tous autant qu'ils sont à me divertir.
Gaëlle a sorti la grosse artillerie : la vaisselle n'a jamais été si belle, les serviettes si savamment pliées, l'apéritif si distingué. J'ai accepté sans sourciller le verre de vin que l'on m'a offert. Je me suis enfoncé dans la chaleur bienveillante du canapé et j'ai fait semblant d'être détendu. Le concerto en si mineur pour quatre violons et violoncelles d'Antonio Vivaldi flotte dans l'air comme un nuage de pollen.
   Stéphane est en plein laïus dithyrambique sur la force des enfants dans une vie de parents. Aline opine pensivement du chef (oui c'est super les enfants mais quand même... Y a des fois où...).

   On a finis les zakouskis. Quelques miettes oubliées témoignent encore de ce que fut l'apéritif. Déjà deux ou trois bouteilles vides s'entassent sur la table de la cuisine. Je sais que la soirée ne fait que commencer. Que les langues n'ont pas fini de se délier et que, très prochainement, cette poupée blonde passera à l'action.
   C'était tellement prévisible que j'avais espéré qu'ils ne me feraient pas le coup. Pourtant ils ne m'ont pas raté. Elle semble tellement lisse, aseptisée de toute forme de personnalité. Un mannequin dans une vitrine dégagerait plus d'émotions.
   Je l'ai vu pousser délicatement, du bout de ses fines phalanges, de microscopiques morceaux de chips dans sa bouche. Lorsqu'elle boit, c'est avec autant de précaution que si son verre eut été hérissé de fils de fer barbelé.    Parfois, après s'être assuré que mon regard l'enveloppe, elle glisse une main sur son cou, remontant vers sa nuque. La demoiselle est en plein jeu de séduction et moi je me demande juste si sa peau a le même goût. Si je peux espérer retrouver son odeur dans les cheveux d'une autre. 
- L'important c'est l'avenir et l'avenir ce sont les gosses.
   Il est lancé, le père modèle. N'en déplaise aux détracteurs de la marmaille : le top du top, ce sont les enfants.

   Régulièrement, la maîtresse de maison jette un regard stressé vers la cuisine. L'apéritif s'éternise et elle craint pour son gigot. C'est que l'agneau trop cuit ce n'est pas aussi bon. Elle l'a préparé toute l'après-midi, l'a piqué avec amour pour y déposer quelques gousses d'ails. Et maintenant elle angoisse de le laisser trop longtemps dans la chaleur tournante.
   Jeff et Noëlle sont également des nôtres. Ils se sont mis sur leur trente-et-un pour l'occasion.
Il a délaissé ses chandails déformés pour s'engoncer dans une chemise Dolce & Gabbana. Je salue mentale-ment l'effort. Elle, porte nonchalamment une robe fourreau en stretch. Ils se tiennent prudemment à l'écart, laissant au papa transi, le soin de meubler la conversation.

   La poupée Barbie s'appelle Shirley. Ca ne s'invente pas.
Elle est coiffeuse dans un salon Franck Provost et espère bien pouvoir s'établir à son compte dans les années à venir.    Elle a une petite fille : Britney (ben voyons, pourquoi est-ce que cela ne m'étonne pas?) qui a aujourd'hui quatre ans. Elle est forcément belle comme un cœur. Le papa était un musicien plein de talents. Il l'a séduite un soir de gala (entendez par là : dans une fête de village à Ploucville). Elle était jeune et amoureuse.
   La suite est tout aussi prévisible: il lui a fait un gosse puis a disparu avec une autre blonde, probablement elle aussi coiffeuse, lorsqu'il s'est aperçu qu'une femme enceinte ce n'est pas tous les jours drôle. Bien sur, elle ne regrette rien. Sa petite Britney est la prunelle de ses yeux. Une lolita en herbe qui en fait déjà craquer plus d'un au jardin d'enfants. Et vlan : la photo sous les yeux comme une preuve. Je reconnais que la petite est jolie tout comme j'admets que la mère l'est aussi.    Et je me demande si j'ai envie de lui faire l'amour.

   Enfin on passe à table. Je n'ai pas franchement faim mais je commençais à avoir sérieusement pitié de notre hôtesse au bord de l'apoplexie. Elle s'est précipité pour nous tirer les chaises. Les places sont évidement déjà déterminées.
   Stéphane à côté de Jeff, tous les deux faisant face à Aline et Noëlle. Christian occupe seul le bout de la table. Gaëlle s'est installé à l'autre extrémité (pour être plus près de la cuisine, tu comprends ?). Devinez qui se retrouve en tête-à-tête avec la petite coiffeuse ? J'ai promis de faire un effort mais là, ils exagèrent sérieusement. Heureusement, le vin est à la hauteur (petit Bandol Château de Pibarnon de 2001. Ce n'est pas le grand luxe mais ça tient bien en bouche).
   Pour tuer davantage le temps je me sers quelques belles rasades. Mes gestes sont de moins en moins précis. Je bois trop et personne n'ose me le faire remarquer.
    Je suis les conversations de loin, essayant de paraître intéressé. La vérité c'est que je m'en fous. La crise, le prix du gasoil, le boulot, ... Tout m'emmerde.
   Shirley pousse régulièrement plus avant ses tentatives de séduction. Elle a fait sauter discrètement un bouton de son chemisier et j'ai l'impression que ses seins sont vivants. Qu'ils vont finir par arracher le textile pour me sauter au visage. Sous la table, ses pieds s'affèrent. Elle fait semblant de rien mais me heurte bien trop souvent pour que ce ne soit que de la maladresse. Régulièrement, elle papillonne de ces longs cils noirs comme si elle cherchait à m'éventer. On peut dire qu'elle y met du cœur la petite. C'est une amie de Noëlle. Elles se connaissent depuis qu'elles sont gamines.

   Chacun joue son rôle à la perfection. Toute cette indifférence feinte ferait honneur aux plus grands acteurs. Tout le monde sait que le seul objectif de cette soirée c'est de me mettre une autre femme dans les pattes et pourquoi pas dans le lit. Que je l'oublie une fois pour toute.
   Alors, l'air de rien, on oriente la conversation, on souligne les points forts de la belle.
- Alors comme ça vous êtes coiffeuse ? Chez Provost en plus... Ce n'est pas n'importe qui tout de même !
- Je me permets de vous dire que je vous trouve ravissante. Si je n'étais pas si amoureux de mon Aline... (Coup de poing trop léger pour être crédible et regard faussement outragé de cette dernière, ils ont bien répétés)
   Je regrette sérieusement d'avoir accepté cette invitation, je regrette de ne pas être l'ami joyeux qu'ils auraient aimés que je sois toujours. Si seulement je n'avais pas arrêté de fumer, j'aurais eu une excuse valable pour m'éclipser quelques instants sur le balcon.

   Après le dessert (une omelette norvégienne : on ne peut pas tout avoir), l'assemblée se scinde en trois petits groupes. Les hommes s'installent au salon avec pour compagne une bouteille de cognac. Ils vont jouer les connaisseurs, les Lords flegmatiques des récits de Doyle. Les femmes se regroupent à la cuisine pour aider au rangement. Vous l'aurez compris : le troisième groupe c'est Shirley et moi. On reste assis, l'un en face de l'autre au milieu de cette table déserte. On se lance des regards gênés entre les bouteilles vides et les quignons de pains. Elle n'a plus l'audace de me faire du pied. Elle ne parle d'ailleurs presque plus et je trouve cela assez reposant.
- Euh...Tu fumes ?
- Non, désolé.
Ouf, elle ne me suivra pas pour une petite cigarette.
- Il ne faut pas.
- Il ne faut pas quoi ?
- Etre désolé.
- Je ne comprends pas (tu m'étonnes).
- Je te demande si tu fumes et tu me dis désolé. Il ne faut pas. C'est bien de ne pas fumer (et le César du plus mauvais dialogue revient à ....)
- Pardon, je n'avais pas compris.
- Ce n'est pas grave. Tu m'excuses un instant je vais sur le balcon en griller une.

   Il a fallu que je fasse des pieds et des mains près de Gaëlle pour qu'elle accepte de me lâcher une clope. Tu penses, deux mois que j'ai arrêté. J'ai menti, prétextant que j'avais repris en douce depuis quelques semaines.

   La lune était presque aussi ronde que moi et le ciel était maculé de millions de petites étoiles comme si un artiste gigantesque y avait secoué son pinceau. Une bise légère me caressait le visage. En bas, dans la rue, un chien énorme promenait un type.


   Je me suis assis sur un vieux banc à la peinture lépreuse. J'ai allumé la cigarette, tiré une longue bouffée et manqué m'étouffer dans une quinte de toux à faire pâlir n'importe quel malade de la coqueluche.
   Quand j'ai eu fini de cracher mes poumons sur les dalles, j'ai pris conscience qu'elle était là. Il m'a fallu admettre qu'elle était plutôt bien foutue la demoiselle. Dans l'embrasure de la porte, la lumière de l'intérieur lui conférant une aura attendrissante, elle me contemplait tout simplement.
- J'avoue, je ne fume plus depuis quelques temps déjà.
- Je vois cela.
- C'est nul, j'ai voulu m'écarter un peu du groupe c'est tout, je lui réponds.
- Du groupe ou juste de moi ? Elle parle doucement tandis qu'elle franchit le seuil.
- Désolé. Je ne suis pas vraiment de bonne compagnie.
- Elle doit être vraiment exceptionnelle pour que tu te tortures comme cela.
Exceptionnelle, c'est le bon mot. Et bien plus encore. Elle est...Magique.
- Je suppose que tu sais tout ?
- Je ne sais que ce que je dois savoir, me susurre-t-elle alors qu'elle est main-tenant tout contre moi. Je sais que tu es séduisant, que tu me plais. Je sais que nous sommes tous les deux des adultes et que nous sommes tous les deux seuls. En revanche, je ne sais pas si une histoire peut naître de cette soirée (ne rêve pas, ma belle) mais une petite partie de jambes en l'air ne nous ferait pas de mal.
   Ouah ! Elle a le mérite de savoir ce qu'elle veut la petite. Pas le genre à couper les cheveux en quatre, la reine des ciseaux.

   Elle a poigné dans mes fesses et m'a attiré tout contre elle avec une fougue délicieuse. Puis elle a clos ses yeux et ses lèvres sont parties à la recherche de ma bouche. Une langue curieuse a lancé l'assaut tandis que son autre main caressait la bosse naissante dans mon pantalon.
   A cet instant précis, j'avoue que j'en avais presque oublié mon amour. Je désirais cette fille offerte. Je voulais mordre sa chair, me frotter à sa peau, la posséder. Je la voulais perverse, prête à tout, lubrique. J'ai caressé ses courbes délicates, ma langue lui a répondu. Nous étions tous les deux dans un état d'excitation extrême. Ces gens à l'intérieur qui nous avaient programmés l'un à l'autre devaient se féliciter de leurs talents d'entremetteurs.
   C'est quand j'ai glissé mon cou dans le creux de sa nuque et que je n'y ai pas retrouvé son odeur que j'ai repris conscience. 
   Je l'ai repoussé doucement, avec le plus de précaution possible mais cela restait malgré tout terriblement violent.
- Je suis désolé, ai-je balbutié
- Que se passe-t-il ? Sa voix tremblait et je me suis senti bien moche.
- Je ne peux pas. Excuse-moi.
- Tu rigoles, là ? Évidement que tu peux. Il te suffit de me culbuter. Là, sur le banc.
(Mon dieu oui je sais, ce n'est pas l'envie qui manque c'est autre chose).
- Ne m'en veut pas je préfère que l'on se quitte bon amis (on me l'a tellement servie cette excuse, pour une fois c'est mon tour).


- Va te faire foutre. Tu es vraiment trop con, me hurle-t-elle avant de disparaitre dans l'appartement.
   Bien sûr, elle avait raison : je suis trop con. Trop con pour ne pas saisir une occasion d'une bonne baise quand j'en ai une. Trop con pour refuser tout ce que l'on m'offre. Trop con pour renoncer à cet amour qui s'est envolé. Trop con pour comprendre que je suis le seul à croire encore qu'elle reviendra.

   Je suis resté encore un long moment sur le balcon. J'essayais de ne penser à rien mais, en vérité, je ne pensais de nouveau plus qu'à elle.
   Quand je me suis décidé à rentrer, Shirley était partie. Personne ne m'a posé de questions. Je soupçonnais qu'elle n'avait pas du être tendre avec moi quand elle a raconté ce qui s'était passé. Je me doutais que j'occupais le rôle du salaud et je m'en foutais un peu.
   Je suis encore resté une petite demi-heure, pour faire plaisir. Puis j'ai prétexté la fatigue et me suis éclipsé. Je savais qu'ils ne m'en voudraient pas, qu'ils retenteraient encore. Je peux compter sur eux pour ne pas me laisser vivre mon malheur tranquillement dans mon coin.



Nergal

Citation de: noway le 30 Octobre 2009 à 01:29:45
..... Nergal si tu le souhaites je peux te le filer par msn  ^-^
...


Oui merci a toi , c'est sympa  ^-^  Je te contacte demain sur msn si tu le veux bien , parce que là je suis out , mon lit m'appelle  :-X

++ ^-^

xenamen

je viens de terminer de lire le deuxième chapitre (mais j'ai oublier le premier :()et franchement j'adore la façon dont tu tourmente ton personnage sa me rappelle le tome 2 de twilight (que j'ai adorer)
bravo :)

noway

Si par deuxième chapitre tu entends le deuxième extrait de texte, il faut savoir que c'est un passage du premier roman et qu'il n'a de ce fait rien à voir avec le premier extrait dans le post initial, qui lui est le début du second roman. Le ton est terriblement différent évidement (j'aime bien varier les genres). En tout cas merci pour ta critique même si j'avoue que j'évite de lire les trucs trop publicités comme c'est le cas de Twilight.

N'hésitez pas à poster des commentaires critiques, c'est toujours bon à prendre. je suis sur le troisième chapitre là...peut-être sera-t-il posté ce soir (je sais je fais de petits chapitres...on va dire que c'est un genre ^^)

ilove-serpent

je trouve que tu as un bonne esprit noway le fait que tu recherche pas a faire comme twilight qui esst un  tres bon roman est tres bien car tu as vraiment ton propre style et je pense que les gens aime sa  :)
hatte de voir la suite  ;D

noway

Pas eu le temps de boucler le troisième chapitre (et la fin n'est, à mon goût pas trop bien torchée) mais je vous la laisse quand même. Je vais essayer de me botter le train pour finir cela ce soir mais bon...

Chapitre III
    C'était un jour comme un autre qui n'apportait rien de plus à une humanité dont une bonne partie s'entretuait à coups de machettes ou de bombes pour les plus bricoleurs et dont la partie restante feignait d'ignorer ce qui se tramait plus bas. Les chiens déféquaient paisiblement sur les trottoirs, sous le regard bienveillant de leurs maîtres imbéciles. Les chats se planquaient sous les combles, attendant la nuit noire pour devenir gris. Quelques oiseaux idiots s'époumonaient en piaillements qui ne pouvaient couvrir les bruits sourds d'une ville s'éveillant. A l'aube, les éboueurs et les facteurs s'étaient mis en route, ramassant les poubelles ou distribuant les ordures publicitaires. Au loin, les cloches d'une église tintaient, rappelant à qui voulait l'entendre que Jésus avait quand même pas mal morflé pour nous et qu'une petite pièce dans le tronc des pauvres, ce n'était quand même pas cher payé pour un salut éternel.
Il s'était levé sans conviction et la main dans le slip. Gratouillant ses attributs d'une main habile, il avait avalé un mauvais nescafé debout dans l'embrasure du frigo, contemplant dans la lumière blafarde les dizaines de pots de yaourts qui constituaient l'essentiel de son alimentation. Le temps de s'assurer que les trois-cent mails dans sa boite de réception ne revêtaient aucun intérêt,  dans la mesure où son jeune âge le mettait encore à l'abri d'un recours au viagra, et il s'était dirigé vers la salle-de-bain. Dix minutes plus tard, il en était ressorti, même pas rasé mais sentant un peu moins mauvais qu'en y entrant. Le port d'une ceinture à son jeans élimé rendait difficile son exploration testiculaire, il devait désormais se contenter d'une palpation négligée à travers l'étoffe.
Il se revendiquait « geek » mais la grosse étiquette qu'il portait sur le front indiquait d'avantage qu'il appartenait à la tribu des « no-lifes ». Féru d'informatique, binoclard jusqu'au bout des ongles et l'acné galopante, Bruno, dit le Commandeur par sa guilde, usait sa vie et sa vue déjà déficiente devant un écran plat de dix-neuf pouces. Fan de Wow et de Star Wars, il vouait un culte sans failles à Georges Lucas, au haut-débit et à Jenna Jameson, dont il était éperdument tombé amoureux depuis qu'il l'avait découverte en stripteaseuse zombie dans un nanar d'une rare médiocrité. 

ilove-serpent


noway

Ben cool alors! Je me fais l'effet du cuistot de Meurisse, je suis tout fou de voir que mes barres chocolatés vous plaisent

andornihui

Super j'adore ton style , je me demandais qui pourrait m'écrire l'histoire de la famille pour mon petit fils (pas encore nait ) il va portait un patronyme qui a plus  2500 ans , oui oui je ne me trompe pas il est plus ancien que Massalia . Et moi pas fichue d'aligner 4 phrases dignes d'intérêt .


je reviens lire le 2em chapitre faut que je fasse la bouffe quand même

vaufrey

j ai dévoré et adoré, les chapitres 1.2.3. à quand la suite???
la description de chacun des personnages est bien amenée  et bien liée.
en plus de l'humour,de l'actualité, du sexe(surtout l'eau à la bouche!!!) tout pour nous plonger dans la  future aventure de ton imaginaire, mais si proche de la réalité 
vite !!!! un autre chapitre. please

noway

Et bien merci pour tous ces compliments, c'est que cela flatte pas mal mon égo (en a-t-il encore besoin? ...oui, assurément). la suite est en cours de réflexion, j'avoue que j'ai bien envie de lancer tout ce petit monde de "looser" dans une grande quête qui pasticherait un peu les séries du style "24h chrono" mais je ne veux pas tomber non plus dans le piège d'un trop gros mélange de genres qui finirait par lasser. ...Donc, je planche encore.

ilove-serpent

noway le jour ou tu sort ton livre je t'en prend un lol